Emploi et travail au Kirghizistan
Structure du marché du travail
Le marché du travail se caractérise par un chômage officiel modéré et par un sous-emploi étendu. L'emploi informel concernait 57,5 % des actifs occupés en 2023 selon la Banque mondiale, principalement dans l'agriculture, le commerce de détail, la construction et les transports. Les services regroupent la majorité des emplois salariés déclarés, devant l'industrie et l'agriculture.
Migration de travail
Plusieurs centaines de milliers de ressortissants travaillent hors du pays, principalement en Russie et au Kazakhstan, dans la construction, les services et le commerce. L'appartenance à l'Union économique eurasiatique leur ouvre depuis 2015 l'accès au marché du travail des États membres sans autorisation préalable, avec reconnaissance des diplômes et affiliation à la protection sociale du pays d'accueil. Les transferts correspondants pesaient 17,6 % du produit intérieur brut en 2024.
Cadre légal du travail
Le code du travail fixe la durée hebdomadaire de référence à quarante heures et le congé annuel minimal à vingt-huit jours calendaires. Le contrat écrit est obligatoire et peut être conclu à durée déterminée ou indéterminée. Les cotisations sociales représentent 17,25 % de la rémunération brute à la charge de l'employeur et 10 % à la charge du salarié, l'impôt sur le revenu étant prélevé au taux unique de 10 %.
Emploi des étrangers
Les ressortissants des États membres de l'Union économique eurasiatique travaillent sans permis. Les autres nationalités relèvent d'un permis de travail délivré dans la limite d'un quota annuel arrêté par le Cabinet des ministres, l'employeur devant lui-même détenir une autorisation d'embauche de main-d'œuvre étrangère. Les formalités d'enregistrement de séjour s'effectuent auprès des services de migration.
Compétences et rémunérations
Le niveau d'alphabétisation est très élevé et la formation universitaire abondante, mais les entreprises signalent des difficultés de recrutement sur les métiers techniques, la comptabilité aux normes internationales et l'encadrement intermédiaire. La maîtrise du russe reste indispensable dans la vie professionnelle, le kirghize gagnant du terrain dans l'administration et l'anglais demeurant confiné aux milieux internationaux. Les rémunérations comptent parmi les plus basses de la région, ce qui alimente la concurrence des marchés du travail voisins pour retenir les actifs qualifiés.