Institutions politiques au Kirghizistan
Cadre constitutionnel
La Constitution en vigueur a été approuvée par le référendum du 11 avril 2021, avec 85,25 % de suffrages favorables pour une participation de 36,65 %, puis promulguée le 5 mai suivant. Elle a mis fin au régime parlementaire instauré en 2010 et rétabli un système présidentiel. Le texte réduit le nombre de sièges du Parlement de cent vingt à quatre-vingt-dix et rétablit une Cour constitutionnelle distincte de la Cour suprême.
Présidence de la République
Le président est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois. Il cumule les fonctions de chef de l'État et la direction effective de l'exécutif, nomme les membres du Cabinet des ministres, dispose d'un droit d'initiative législative et propose une partie des juges. Sadyr Japarov occupe cette fonction depuis son investiture, le 28 janvier 2021, à la suite de l'élection anticipée du 10 janvier. Le mandat en cours arrive à échéance en 2027.
Cabinet des ministres
Le gouvernement porte le nom de Cabinet des ministres. Son président cumule cette responsabilité avec la direction de l'administration présidentielle, ce qui resserre encore le lien entre les deux institutions. Les ministres répondent devant le chef de l'État, le Parlement conservant des pouvoirs de contrôle et d'audition plus limités qu'avant 2021.
Jogorkou Kenech
Le Parlement monocaméral, le Jogorkou Kenech, compte quatre-vingt-dix députés. Il vote la loi, approuve le budget et ratifie les traités. Les élections anticipées du 30 novembre 2025 se sont tenues au scrutin majoritaire plurinominal, dans trente circonscriptions élisant chacune trois députés selon le vote unique non transférable, avec une obligation de mixité par circonscription. Ce mode de scrutin a remplacé le système mixte qui associait listes de partis et sièges uninominaux.
Kourultaï populaire et pouvoir local
La Constitution de 2021 a institué un Kourultaï du peuple, assemblée consultative réunissant des délégués des régions et des organisations civiques, dont la première session s'est tenue en décembre 2022. Ses avis restent dépourvus de portée contraignante. À l'échelon local, des conseils élus siègent dans les villes et les communes rurales, ces dernières étant administrées par un aïyl ökmötü, tandis que les chefs de région et de district relèvent d'une nomination par le pouvoir central.