Libertés publiques au Kirghizistan
Évaluations internationales
Freedom House classe le Kirghizistan parmi les pays non libres dans son rapport Freedom in the World 2025, avec un score global de 26 points sur 100, dont 4 sur 40 pour les droits politiques et 22 sur 60 pour les libertés civiles. Reporters sans frontières situe le pays au 146e rang sur 180 dans son classement 2026 de la liberté de la presse, contre la 144e place l'année précédente. Ces organisations décrivent une dégradation continue depuis 2021 dans un pays longtemps présenté comme le plus ouvert d'Asie centrale.
Cadre légal des médias
Une loi sur la protection contre les fausses informations, adoptée en 2021, permet de suspendre des publications en ligne par voie administrative. Une nouvelle loi sur les médias, entrée en vigueur en 2025, impose un enregistrement à tous les organes de presse, plafonne la participation étrangère à 35 % et prévoit la fermeture judiciaire des supports en infraction. Reporters sans frontières relève par ailleurs le poids du soutien public accordé aux titres proches du pouvoir.
Situation des journalistes
Onze journalistes liés à la chaîne d'investigation Temirov Live ont été arrêtés en janvier 2024, procédure qui s'est soldée par quatre condamnations selon Freedom House. La justice a qualifié d'extrémiste le média en ligne Kloop et a ordonné en 2025 la fermeture de la chaîne April TV. Le site de la rédaction kirghize de Radio Free Europe avait été bloqué en 2023. Plusieurs journalistes ont quitté le pays depuis cette période selon Reporters sans frontières.
Organisations non gouvernementales
Une loi promulguée en avril 2024 oblige les organisations recevant des financements étrangers et menant des activités qualifiées de politiques à s'enregistrer comme représentants étrangers. Freedom House indique que plusieurs structures ont préféré cesser leur activité plutôt que de s'exposer aux sanctions prévues par ce texte, que les organisations de défense des droits rapprochent d'une législation russe comparable.
Justice et droits individuels
Freedom House attribue la note la plus basse à l'indépendance de la justice et au respect des garanties procédurales. La peine de mort a été abolie en 2007 et la Constitution proscrit la torture, des organisations spécialisées continuant toutefois de signaler des mauvais traitements en détention. La liberté religieuse s'exerce dans un cadre d'enregistrement obligatoire des organisations cultuelles, resserré par une législation adoptée en 2025.